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Le procès des violences de la Gouglera renvoyé à une date ultérieure

Le grand déballage autour des événements survenus au printemps 2020 dans le centre pour requérants n'aura pas lieu dans l'immédiat. En l'absence trois plaignants et pour une question de procédure, les débats ont été renvoyés.

Au printemps 2020, le centre fédéral pour requérants d'asile de la Gouglera, à Chevrilles, a été le cadre de violences ayant débouché sur plusieurs dépôts de plainte. © Aldo Ellena
Au printemps 2020, le centre fédéral pour requérants d'asile de la Gouglera, à Chevrilles, a été le cadre de violences ayant débouché sur plusieurs dépôts de plainte. © Aldo Ellena

MRZ

Publié le 23.05.2022
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Ce devait être le dénouement judiciaire d’une affaire très médiatisée, mais le procès des événements survenus en 2020 au sein du centre pour requérants d’asile de la Gouglera, à Chevrilles, n’aura pas lieu dans l’immédiat. Six vigiles se sont bien présentés lundi matin devant le Juge de police de la Sarine, la moitié d’entre eux comparaissant à la fois comme accusés et comme plaignants, mais ils ne faisaient face qu’à un seul requérant d’asile sur les quatre ayant été convoqués aux débats.

Conformément à la procédure, les débats ont donc été ajournés et de nouvelles convocations seront envoyées aux parties dans le courant de l’été, a promis le Juge de police Benoît Chassot. Entre-temps, il s’agira aussi de régler un problème de procédure: comme ils sont assimilés à des agents de l’Etat, les vigiles mandatés par la Confédération pour encadrer les requérants d’asile hébergés à Chevrilles ne peuvent pas être poursuivis sans qu’une autorisation idoine soit délivrée par Berne.

De premières passes d’armes n’en ont pas moins eu lieu entre l’avocate des requérants, Me Laïla Batou, et les défenseurs des vigiles, Mes Jean-Luc Maradan et Sarah Meyer. La première a tenté d’ouvrir le procès du système d’asile helvétique, dénonçant des faits constitutifs, selon elle, d’une véritable «violence d’Etat», doublés d’une «culture de l’abus et de la falsification» ayant conduit à minimiser la gravité des exactions commises par les employés de la société de gardiennage.

Du côté des avocats des vigiles, on a au contraire essayé de replacer les événements du printemps 2020 dans une perspective plus terre-à-terre, évoquant des échauffourées survenues entre individus adultes aux responsabilités largement partagées dans cette affaire. Tant Me Meyer que Me Maradan ont déploré la «posture idéologique» de l’avocate des requérants, qui tenterait, selon eux, de déplacer les débats sur un terrain politique. Les deux défenseurs ont rappelé que le dossier comprenait deux classeurs fédéraux remplis de plusieurs dizaines d’auditions de plaignants, de prévenus et de témoins, permettant de se faire une idée plus nuancée des faits.

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