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A Lausanne, fin du campement sauvage d'urgence pour les SDF

Le collectif avait installé des tentes dans les jardins de la Haute Ecole (archives). © KEYSTONE/JEAN-CHRISTOPHE BOTT
Le collectif avait installé des tentes dans les jardins de la Haute Ecole (archives). © KEYSTONE/JEAN-CHRISTOPHE BOTT


Publié le 28.06.2022
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L'hébergement d'urgence installé sur les hauts de Lausanne dans les jardins de la Haute école de travail social de Lausanne (HETSL) va prendre fin. Après un mois d'occupation illégale, le collectif 43m2 a annoncé qu'il allait lever le camp d'ici lundi.

Le 30 mai dernier, le collectif avait installé par surprise et sans autorisation à la HETSL un campement sauvage pour accueillir les personnes sans solution de logement, suite à la fermeture estivale d'une partie des structures d'accueil de la ville. Des tentes, un salon et une cuisine collective étaient à la disposition des SDF.

Le lieu sera fermé dès la semaine prochaine. Le collectif explique "avoir poussé aussi loin que possible son engagement. Mais sans le relais des institutions, le maintien de cette structure n'est pas possible", écrit-il dans un communiqué.

Epuisement

"Des gens nous soutiennent, mais nous sommes épuisés. On assure une permanence 24 heures sur 24. Et nous n'avons pas envie de normaliser le travail gratuit", a expliqué mardi une militante à Keystone-ATS.

Ce départ ne répond pas à une menace d'évacuation forcée. Dès le début, la Haute Ecole avait demandé au collectif de quitter les lieux, mais elle n'a "jamais donné de date ou fixé d'ultimatum", ajoute la militante.

Pas de réponse concrète

L'intention du collectif était de rendre visible le besoin en places d'hébergement, durant toute l'année, belle saison comprise. "Mais la municipalité de Lausanne et le canton se renvoient la balle. Aucune réponse concrète n'est apportée", regrette le communiqué. Certes, une table ronde sera organisée fin août et des interventions ont été déposées au Grand Conseil et auprès du Conseil communal.

Le collectif tire un bilan "positif" de l'expérience vécue. "Le fait d'avoir un lieu où se reposer, discuter, cuisiner, dessiner en journée a été apprécié grandement par les bénéficiaires". Au final, à peu près 1540 nuitées ont été comptabilisées, et encore plus de personnes y sont passées, notamment pour y rester en journée.

"Ces derniers temps, une cinquantaine de personnes dormaient sur place", a complété la militante. Le collectif explique aussi avoir exploré de nouvelles manières de penser l'hébergement d'urgence, sortant du système de réservation et/ou de priorisation de certaines personnes.

Malgré la fermeture du lieu, les militants de 43m2 ne vont pas cesser leurs engagements. De nouvelles actions sont en discussion. "Nous sommes en train d'y réfléchir", a ajouté la militante.

ats

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