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Draghi ou un outsider pour succéder à Mattarella?

Mario Draghi en favori © KEYSTONE/EPA/Filippo Attili HANDOUT
Mario Draghi en favori © KEYSTONE/EPA/Filippo Attili HANDOUT


Publié le 24.01.2022
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Le Parlement italien a commencé lundi à voter pour choisir un nouveau président de la République. Ce scrutin est a priori sans grand enjeu pour une fonction largement protocolaire mais il pourrait défaire l'exécutif si le chef du gouvernement, Mario Draghi, était élu.

Il est notoirement difficile de prédire le vainqueur de cette élection à bulletins secrets et traditionnellement sans candidats officiels, un scénario qui laisse une large place aux rebondissements en tous genres.

Ni la droite ni la gauche ne disposent la majorité dans un parlement fragmenté, ce qui alimente le climat d'incertitude. L'ex-Premier ministre Silvio Berlusconi rêvait d'entrer au palais du Quirinal, mais le milliardaire de 85 ans, à la peine pour se trouver une majorité, a finalement jeté l'éponge samedi.

Et malgré d'intenses négociations en coulisses ce week-end, aucun nom ne fait consensus en amont du 1er tour qui a débuté à 15h00 dans l'hémicycle de la Chambre des députés.

Le résultat sera connu dans la soirée, mais il s'agit juste d'un tour de chauffe destiné à prendre la température, étant donné qu'une majorité des deux tiers, jugée inatteignable, est exigée aux trois premiers tours.

Plusieurs jours

Elu pour sept ans, le président, au rôle essentiellement honorifique, dispose d'un pouvoir considérable en cas de crise politique - dont l'Italie est coutumière -, qu'il s'agisse de dissoudre le Parlement, de choisir le Premier ministre ou de refuser des mandats à des coalitions fragiles.

L'élection devrait donc durer sur plusieurs jours (le record est de 23 tours de scrutin) et mettre à dure épreuve les nerfs des 1008 électeurs (629 députés, 321 sénateurs et 58 élus régionaux).

Ex-président de la Banque centrale européenne, où il est crédité d'avoir sorti l'euro d'une grave crise de la dette, M. Draghi, 74 ans, a laissé entendre qu'il était intéressé, mais son élection laisserait vacant son poste actuel à un moment très délicat.

"Dangereux"

"Il serait dangereux pour l'Italie dans une période économique difficile (...) de réinventer un nouveau gouvernement à partir de zéro", a ainsi estimé dimanche devant des journalistes le leader populiste de la Ligue, Matteo Salvini. Le dirigeant du parti démocrate (PD, centre-gauche) Enrico Letta a en revanche inisté pour que son nom reste dans la liste des présidentiables.

En raison des mesures de sécurité liées au Covid, chaque tour prendra une journée. Les électeurs positifs au Covid pourront voter sur le parking du parlement aménagé pour l'occasion.

Nombreux autres noms

Si M. Draghi reste Premier ministre, de nombreux autres noms circulent pour le poste de chef de l'État, notamment ceux du commissaire européen Paolo Gentiloni, de l'ancien Premier ministre socialiste Giuliano Amato ou de la ministre de la Justice Marta Cartabia, qui serait la première femme présidente.

Les observateurs n'attendent pas de résultat final avant jeudi, lorsqu'aura lieu le quatrième tour, pour lequel il faut la majorité absolue pour gagner, et non les deux tiers des voix comme aux tours précédents.

ats, afp

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