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La France inscrit l'IVG dans sa Constitution, première mondiale

Le Congrès, réuni à Versailles, pendant que le premier ministre Gabriel Attal présente le projet de modification de la Constitution. © KEYSTONE/AP/Thomas Padilla
Le Congrès, réuni à Versailles, pendant que le premier ministre Gabriel Attal présente le projet de modification de la Constitution. © KEYSTONE/AP/Thomas Padilla
Yaël Braun-Pivet est la première femme à présider le Congrès, qui réunit l'Assemblée nationale et le Sénat. Un symbole pour une décision consistant à inscrire le droit à l'IVG dans la Constitution. © KEYSTONE/EPA/CHRISTOPHE PETIT TESSON
Yaël Braun-Pivet est la première femme à présider le Congrès, qui réunit l'Assemblée nationale et le Sénat. Un symbole pour une décision consistant à inscrire le droit à l'IVG dans la Constitution. © KEYSTONE/EPA/CHRISTOPHE PETIT TESSON


Publié le 04.03.2024


Députés et sénateurs réunis en Congrès à Versailles ont très largement approuvé lundi l'inscription dans la Constitution de l'interruption volontaire de grossesse, la France devenant le premier à pays à le faire de manière explicite.

L'introduction à l'article 34 du texte fondamental de la phrase: "La loi détermine les conditions dans lesquelles s'exerce la liberté garantie à la femme d'avoir recours à une interruption volontaire de grossesse" a été approuvée par 780 parlementaires. Seuls 72 ont voté contre. Ce vote historique a été salué par une ovation debout de l'hémicycle.

"Nous avons une dette morale" envers toutes les femmes qui ont "souffert dans leur chair" d'avortements illégaux, a déclaré le premier ministre Gabriel Attal, en ouvrant devant les deux chambres du parlement réunies en Congrès les débats visant à inscrire dans la Constitution la liberté de recourir à l'avortement.

Le premier ministre a salué une "étape fondamentale" qui "restera dans l'Histoire", rappelant que le droit à l'interruption volontaire de grossesse reste "en danger et "à la merci de ceux qui en décident".

Au grand dam du Vatican

Il s'agira de "la première disposition constitutionnelle aussi explicite et large en la matière, pas juste en Europe, mais dans le monde", a souligné Leah Hoctor, du Center for Reproductive Rights, organisation américaine défendant le droit à l'avortement.

Le Vatican a redit lundi son opposition à tout "droit à supprimer une vie humaine", au moment de ce vote historique.

"A l'ère des droits humains universels, il ne peut y avoir de 'droit' à supprimer une vie humaine", a affirmé dans un communiqué l'Académie pontificale pour la Vie, organe du Vatican chargé des questions bioéthiques, en soutien à l'opposition des évêques de France.

Fierté française

"Fierté française, message universel", a salué lundi le président Emmanuel Macron après le vote du Congrès. La cérémonie de scellement, prévue vendredi, sera pour la première fois ouverte au public.

"Célébrons ensemble l'entrée d'une nouvelle liberté garantie dans la Constitution par la première cérémonie de scellement de notre histoire ouverte au public. Rendez-vous ce 8 mars, journée internationale des droits des femmes", a écrit Emmanuel Macron dans un message publié sur X.

ats, afp

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