La Liberté

Ce qui se joue aujourd’hui à Gaza

Henri Siegenthaler, ancien lieutenant-colonel, Veysonnaz

Publié le 04.03.2024

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Guernica est un petit bourg du nord de l’Espagne, dans lequel Ferdinand et Isabelle de Castille ont juré de respecter la liberté basque, qui a été le dernier bastion contre l’invasion généralisée de la dictature franquiste. Guernica, c’est aussi l’œuvre majeure de Picasso qui retrace la destruction du dernier point d’appui des résistants, où se sont retranchés des femmes et des enfants échappés de la vague destructrice de Franco. Guernica, c’est l’image de leurs cris muets, de leurs bras tendus implorant une aide improbable pour étancher leur soif d’exister, de vivre libre dans une société égalitaire et fraternelle. Terrorisés par le bruit strident des stukas de la Wehrmacht, ils sont détruits par les bombes et la mitraille.

On assiste à un calvaire similaire aujourd’hui dans la bande de Gaza. L’objectif de la guerre, disait von Clausewitz, est de détruire l’ennemi, son armée ou sa force, son centre de gravité, pour obtenir la paix. Alors que le centre de gravité de leur adversaire est sa marine, son aviation et ses canons, celui des Gazaouis est concentré dans leur liberté, leur culture, leur tradition, leur cohésion, en un mot leur existence. C’est cela que détruisent la famine due à leur encerclement, et le feu et les éclats des obus de 155 mm américains.

Chercher la paix n’est pas s’emparer d’un territoire en détruisant le peuple qui l’occupe. Le vider par l’expulsion ou anéantir les éléments de son avenir: les femmes et les enfants. Il s’agit plutôt de déterminer avec lui le site stratégique commun et de le valoriser en toute amitié. Plutôt que détruire, cherchons à dissuader de faire la guerre, comme le préconisait le général Jomini de Payerne.

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