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La mode, un rêve ou un univers accessible?

Les métiers de la mode, comme beaucoup de métiers artistiques, peuvent sembler difficiles à atteindre. Mais cela n’est pas qu’un eldorado inaccessible.

Landry Tchasse est connu sous le nom d’artiste de Reelmis. © Héloïse Hess
Landry Tchasse est connu sous le nom d’artiste de Reelmis. © Héloïse Hess

Clem Chuat

Publié le 11.11.2023

Temps de lecture estimé : 3 minutes

Formation » Devenir créateur de vêtements peut paraître compliqué pour les Fribourgeois. «La mode est un univers difficile à intégrer, particulièrement dans une ville où elle n’est pas prépondérante», explique Landry Tchasse, 21 ans, étudiant en gestion qui souhaite devenir styliste.

Plusieurs chemins permettent d’accéder au métier. «La voie la plus conseillée est celle de l’apprentissage à l’Ecole de couture de Fribourg», avance Frédéric Aebischer, chef du secteur scolarité obligatoire au Service de l’orientation professionnelle et de la formation des adultes (SOPFA). Il est aussi possible de faire un apprentissage en entreprise, cependant, il n’en existe pas sur Fribourg. La Haute Ecole spécialisée de Genève propose un bachelor en design qui permet aussi d’intégrer les métiers de la mode.

Landry Tchasse a suivi un parcours différent. Après son cycle obligatoire, il a fait l’école de commerce et se trouve maintenant en bachelor à la Haute Ecole de gestion de Fribourg, en cours d’emploi. Pour celui qui est connu sous le pseudonyme de Reelmis (il partage notamment ses looks sur Instagram), la mode s’apparente à un ring de combat: «Chacun va se battre pour se faire sa place, car la concurrence est omniprésente. Il est nécessaire d’avoir du caractère et de ne pas s’attarder sur les mauvaises critiques.»

«Il est nécessaire d’avoir du caractère et de ne pas s’attarder sur les mauvaises critiques»

Une fois sa formation terminée, il n’est pas forcément évident d’évoluer dans la capitale fribourgeoise. «Certains de nos anciens élèves ont ouvert des ateliers en ville et ils s’en sortent. Cependant, la population de villes comme Berne ou Bâle se rend plus facilement chez des créateurs de vêtements», avance Sylvianne Murith Collaud, enseignante professionnelle à l’Ecole de couture de Fribourg.

Vers d’autres horizons

Cependant, les jeunes qui se sont formés en créateurs de vêtements ne restent pas forcément dans le métier: «Certains s’en vont vers d’autres horizons. Trois à quatre sur les douze que nous formons par année deviennent créateurs de vêtements ou travaillent dans la vente.» D’après Sylvianne Murith Collaud, une partie des élèves de l’école de couture se lancent dans un métier qui mélange plusieurs formations. «Il est possible de mixer la création de vêtements avec le social, par exemple en apprenant la couture à des personnes handicapées», relate l’enseignante. Elle insiste sur le fait que, dans les métiers de la mode, il est nécessaire de vouloir aller à la découverte du monde: «C’est ainsi qu’on trouve des opportunités.»

La mode est un univers qui peut sembler complexe, voire inaccessible. «Comme dans tout métier artistique, il y a peu de places de formation», explique Frédéric Aebischer. Mais elle attire tout de même les jeunes. «Personnellement, je trouve le monde de la mode fantastique, car je peux y être qui je veux, quand je le veux, admire Landry Tchasse. Un jour je peux m’habiller comme le CEO d’Amazon et le lendemain comme un mannequin de chez Rick Owens.»

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