La Liberté

Eternel Real Madrid

En battant Liverpool 1-0 sur un but de Vinicius, le club madrilène s’est offert sa 14e Ligue des champions

Avec 25 trophées, Marcelo est le joueur du Real Madrid avec le plus gros palmarès jamais cumulé. © Keystone
Avec 25 trophées, Marcelo est le joueur du Real Madrid avec le plus gros palmarès jamais cumulé. © Keystone
Publié le 30.05.2022

Temps de lecture estimé : 9 minutes

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Ligue des champions » Des trentenaires qui ont soulevé leur cinquième Ligue des champions, un entraîneur qui a raflé sa quatrième couronne européenne et une résilience à toute épreuve: grâce à sa formule atavique, le Real Madrid a conquis sa 14e C1 samedi en battant Liverpool 1-0 au Stade de France à Paris. «Eternel Real» pour El Mundo, «Champion infini» pour ABC: la presse espagnole s’est réveillée en plein rêve hier matin pour célébrer à sa juste valeur l’immense performance du Real.

Une semaine après le camouflet Kylian Mbappé, qui a assommé les «Madridistes» en choisissant de prolonger au Paris SG, la désillusion a laissé place à la fête. «Il se souviendra plus de nous que nous de lui», a affirmé à l’AFP Ruben Gimenez, supporter merengue de 26 ans, qui fêtait le sacre de son équipe à la fontaine Cibeles, samedi soir, au milieu des insultes visant l’attaquant français. «Mbappé est oublié, ça ne fait rien, le Real a fait une saison parfaite», a balayé Florentino Pérez, l’emblématique président de la Maison blanche, quelques minutes après le coup de sifflet final, samedi soir au Stade de France. «C’est la 14e, mais ce n’en est pas juste une parmi tant d’autres. Ce fut la Ligue des champions de la foi», a assuré Alfredo Relaño, président d’honneur du journal sportif As.

«La Ligue des champions du Real Madrid a défié toute logique footballistique et commerciale», a résumé Marca dans un éditorial. Une manière de souligner le parcours du Real, qui s’est imposé face à des clubs meilleurs que lui sur le papier, et qui appartenaient souvent à des Etats ou à des oligarques (PSG, Manchester City, Chelsea).

Encore la Supercoupe

Après les fêtes d’hier à Madrid avec les socios (supporters-actionnaires), qui pouvaient accéder au stade gratuitement, dans la limite des places disponibles, le Real tentera de décrocher la Supercoupe d’Europe, contre le vainqueur de la Ligue Europa, l’Eintracht Francfort, le mercredi 10 août à Helsinki, juste avant la reprise du championnat d’Espagne.

L’occasion d’engranger un nouveau titre, mais surtout l’occasion de renflouer un peu plus les caisses.

Grâce à son parcours parfait et à une improbable succession de miracles contre le PSG en 8e de finale, Chelsea en quarts et Manchester City en demi-finales, le Real a empoché 119,81 millions d’euros cette saison, auxquels s’ajouteront les 3,5 ou 4,5 mio d’euros (en cas de sacre) de la Supercoupe.

Mercato: à l’attaque?

Une manne bienvenue en période post-pandémie, à l’heure où le club madrilène s’agite pour préparer le mercato, qui s’ouvre le 1er juillet en Europe. Car la déception Mbappé digérée, la «Maison blanche» a besoin de renforts pour continuer à régner au sommet de l’Espagne et de l’Europe.

Le Real va tourner la page Marcelo, qui, à 34 ans, a joué samedi son «dernier match» au club, selon ses propres aveux en zone mixte. Il va quitter le club en légende, avec le plus gros palmarès jamais cumulé par un joueur de la «Maison blanche» (25 trophées).

D’autres vétérans, à l’instar de Luka Modric (36 ans), en passe de prolonger son contrat, ou du goleador français Karim Benzema (34 ans), bien parti pour s’approprier son premier Ballon d’or, vont continuer à piloter le navire madrilène la saison prochaine.

Mais Vinicius, Rodrygo ou Eduardo Camavinga seront amenés à assumer de plus en plus de responsabilités la saison prochaine. Et le Real lorgne déjà la prochaine pépite qui le portera peut-être vers une 15e couronne européenne comme le milieu français Aurélien Tchouaméni (Monaco) et l’attaquant portugais Rafael Leao (Milan AC). ats/afp


Grâce à Courtois et à Vinicius

Le Real Madrid a remporté la Ligue des champions pour la 14e fois de son histoire. Dans une finale qui n’a pas atteint les sommets attendus, les Espagnols ont battu Liverpool 1-0 grâce à un but de Vinicius (59e). Au Stade de France, les Reds ont eu les meilleures occasions, mais ils se sont brisés sur un Thibaut Courtois exceptionnel. Après avoir sorti le PSG, Chelsea et Manchester City dans des circonstances souvent dramatiques, le Real semblait destiné à gagner un nouveau titre. L’issue peut cependant paraître cruelle pour Liverpool, qui a manqué un peu de jus dans ce qui était son 63e match de la saison. Tant physiquement que mentalement, les Anglais n’ont pas évolué à leur meilleur niveau.

La première période, dont le coup d’envoi a été retardé de 36 minutes en raison de problèmes d’accès au stade (lire ci-contre), a été dominée par Liverpool face à un Real prudent et attentiste. Les Reds ont été dangereux à plusieurs reprises, mais sans trouver la faille. Les Madrilènes prenaient l’avantage juste avant l’heure de jeu. Vinicius, abandonné par Alexander-Arnold, reprenait un centre de Valverde pour battre Alisson de près (59e). Courtois s’interposait ensuite sur un tir de Salah (64e), puis sur une reprise de l’Egyptien (69e). Le Belge sauvait encore une fois devant Jota (80e), puis Salah (82e), de manière incroyable, méritant d’être élu homme du match. Avec ce 14e sacre, le Real a cimenté sa place au sommet de l’Europe du ballon rond. Et son entraîneur italien, Carlo Ancelotti, a aussi écrit une page d’histoire: il est devenu le premier technicien à gagner quatre fois la compétition après ses succès à la tête de l’AC Milan (2003/2007) et du Real Madrid déjà (2014). Ancelotti avait aussi remporté l’épreuve à deux reprises en tant que joueur avec l’AC Milan. ATS


Après le chaos autour du stade, la polémique enfle

La polémique montait hier autour des responsabilités de chacun dans les couacs organisationnels de la finale de la Ligue des champions.

La prestigieuse finale de la Ligue des champions a été marquée par des scènes de chaos autour du Stade de France. Elles n’ont cependant pas fait de blessés sérieux, selon le bilan des autorités. Fait rarissime à ce niveau et pour des raisons purement logistiques, le coup d’envoi de la rencontre avait dû être retardé de 36 minutes. L’UEFA maintient que la pagaille a été causée par un problème de «billets contrefaits» causant des goulots d’étranglement et demande un «audit» en urgence auprès des instances du football et des autorités françaises.

Des supporters présents et des journalistes de l’AFP ont constaté avant le match la présence de bandes de jeunes et de fans de football locaux non identifiés tentant de s’introduire dans l’enceinte sans billet. La police est intervenue, dispersant la foule et au passage les supporters, dont des familles, au gaz lacrymogène.

Dès la fin du match, le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin a pointé du doigt l’attitude de «milliers de supporters britanniques sans billet ou avec des faux billets qui ont forcé les entrées» du stade. En leur faisant porter la responsabilité des échauffourées, il s’est attiré l’ire des autorités et des supporters anglais. «Nous sommes extrêmement déçus des problèmes d’accès et des violations du périmètre de sécurité qu’ont subi les supporters de Liverpool», a réagi le club anglais. Entre les charges policières et ces accusations jugées infondées, les fans de Liverpool, qui ne sont plus jugés problématiques depuis 30 ans, ont été ulcérés par l’accueil parisien.

La police britannique de Merseyside-Liverpool présente au stade a évoqué sur Twitter des «circonstances choquantes» et défendu le comportement «exemplaire» des supporters des Reds pendant la rencontre. Les pompiers de Paris ont fait état d’une soirée «calme» au stade et dans les fans zones, avec 238 interventions de services de secours pour des incidents mineurs, dont des intoxications au gaz lacrymogène.

En marge de cette soirée, 105 personnes ont été interpellées et une vingtaine de personnes ont été placées en garde à vue, essentiellement pour des violences, une vente de faux billets pour le stade et des vols à proximité des fans zones. Le dispositif sécuritaire – 6800 policiers, gendarmes et pompiers et de très nombreux agents de sécurité privée – devait servir de test pour la Coupe du monde de rugby, organisée par la France en 2023 et pour les JO de Paris, l’année suivante.

«Une humiliation mondiale pour la France, dont l’image ne cesse de se ternir!» a réagi dans un tweet, le président par intérim du Rassemblement national, Jordan Bardella (extrême droite), en parlant de «hordes sauvages qui pourrissent systématiquement le moindre événement». «Il faut rappeler le contexte. Cette finale aurait dû se tenir en Russie» et la France l’a organisée «en à peine trois mois», a plaidé sur RMC la députée LAREM-Renaissance, Aurore Bergé. Mais «il n’y a pas eu de difficultés dans les fans zones», a-t-elle assuré, appelant à «regarder à froid ce qui s’est passé», pour ne pas tirer de conclusions erronées sur les faiblesses organisationnelles potentielles des autorités françaises avant les grandes échéances sportives à venir. ATS/AFP

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