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Federer ou le rêve d’une autre fin

Roger Federer refuse d’abdiquer. L’heure de la retraite n’a pas, à ses yeux, encore sonné. © Keystone
Roger Federer refuse d’abdiquer. L’heure de la retraite n’a pas, à ses yeux, encore sonné. © Keystone
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17.08.2021

Contraint à une nouvelle opération au genou droit, le Bâlois s’efforce de croire à son retour sur le circuit

Julien Oberhoolzer

Tennis » Il veut toujours y croire. Contraint de subir une troisième intervention au genou droit en l’espace d’une année et demie comme il l’a annoncé dimanche soir sur Instagram, Roger Federer refuse d’abdiquer. L’heure de la retraite n’a pas, à ses yeux, encore sonné. A 40 ans, l’homme aux 20 titres du grand chelem mesure pleinement le chemin qu’il doit parcourir s’il entend s’offrir une dernière danse à Wimbledon ou chez lui à Bâle. Dans un premier temps, ce sont des semaines sur les béquilles qui l’attendent. Ensuite viendra la longue rééducation.

Après sa deuxième opération au genou à l’été 2020, le Bâlois avait dû patienter dix mois avant son retour – éphémère – sur les courts en mars à Doha. «Je ne me suis plus senti vraiment dans la peau d’un sportif de haut niveau après la deuxième opération», devait-il avouer plus tard.

«Nature exceptionnelle»

L’annonce d’une troisième opération n’est donc pas «une bonne nouvelle», admet Jacques Menétrey, qui œuvre au centre de médecine du sport Hirslanden Clinique la Colline à Genève. «Une telle intervention est dictée par une nouvelle déchirure des structures qui ont été opérées ou par une aggravation des lésions, explique le chirurgien. Si les fonctions du genou ne sont pas trop altérées, Roger Federer pourrait rejouer dans quelques mois. Mais si nous parlons d’une lésion plus grave qui affecte les capacités fonctionnelles de son genou, il lui sera très difficile de retrouver le niveau de jeu qui doit être le sien. Mais ce ne sont que des hypothèses. Je ne suis pas dans le secret des dieux.»

Jacques Menétrey, qui s’occupe des hockeyeurs du Genève-Servette et qui est également impliqué dans le suivi des athlètes de Swiss-Ski, affiche un optimisme raisonnable. «A presque 40 ans, Roger Federer a été en mesure de se hisser en quart de finale de Wimbledon après deux opérations au genou, rappelle-t-il. C’est tout simplement fantastique. Il est d’une nature exceptionnelle. Ses facultés de rééducation dépassent la norme.»

Extraordinaire résilience

«Je veux me donner une chance de revenir sur le circuit», affirme Roger Federer dans son message sur Instagram. Tout au long de sa carrière, le Bâlois a témoigné d’une extraordinaire résilience. On rappellera qu’il n’a jamais abandonné un match en cours.

En 2003 à Wimbledon sur la route de son premier titre du grand chelem, il était parvenu à gagner son huitième de finale contre Feliciano Lopez malgré un dos bloqué. Plus près de nous, il avait, lors de l’Open d’Australie 2020, repoussé ses limites physiques – il souffrait d’une blessure aux adducteurs – pour battre en cinq sets John Milman et Tennys Sandgren. La fluidité de son jeu ne doit pas faire oublier que Roger Federer est aussi un monstre de combativité.

Déjà en 2008…

Depuis dimanche, le spectre de la retraite est à nouveau brandi pour celui que l’on doit à juste titre considérer comme le plus grand joueur de tous les temps. Déjà en 2008 après sa défaite contre Novak Djokovic en demi-finale à Melbourne alors qu’il était frappé par une mononucléose, on pouvait entendre les premières voix qui prédisaient sa fin.

Treize ans plus tard, il n’a toujours pas abdiqué alors que tout lui commanderait de le faire. Dans son for intérieur, il ne veut pas croire que le 6-0 concédé devant Hubert Hurkacz lors de son quart de finale de Wimbledon soit le dernier set de sa carrière. Il rêve d’une autre fin, d’un véritable happy end si mérité. Dimanche soir, il n’a pas voulu briser ce dernier espoir. ATS

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